Une dette maîtrisée, mais à quel prix ?
Alors que la République démocratique du Congo s’engage à consacrer près d’un milliard de dollars au remboursement de sa dette publique en 2026, l’attention doit se porter autant sur l’efficacité de cette gestion que sur l’impact social et économique d’un tel effort. La hausse de 46,8 % par rapport à l’année précédente illustre la volonté du gouvernement de maîtriser ses équilibres macroéconomiques et d’envoyer un signal positif aux marchés financiers et aux partenaires internationaux.
Cependant, derrière ces chiffres se cachent des questions concrètes pour les Congolais. Comment concilier l’apurement de la dette et le financement des priorités sociales et du développement ? Les chiffres sont encourageants : une dette totale équivalente à 17 % du PIB, avec un ratio de dette extérieure inférieur à celui de plusieurs pays africains comparables. Mais la prudence est de mise : chaque dollar dédié au service de la dette est un dollar qui n’ira pas directement à la santé, à l’éducation ou aux infrastructures locales.
La RDC semble disposer d’une marge de manœuvre, mais elle devra l’exploiter intelligemment. L’enjeu pour 2026 n’est pas seulement de rembourser ce qui est dû, mais de le faire tout en préparant les bases d’une croissance durable, inclusive et capable de soutenir la population. La dette, quand elle est maîtrisée, peut être un instrument de confiance ; mal gérée, elle devient un frein à l’avenir.
Le vrai défi est donc politique et économique : trouver l’équilibre entre rigueur financière et développement humain, pour que la gestion de la dette ne devienne pas une contrainte insurmontable, mais une opportunité de renforcer la crédibilité et la stabilité de la RDC sur la scène internationale.
